les associations de supporters français révoltées par les prix des billets de la Coupe du monde 2026nomadictrails
Les associations de supporters sont révoltées face aux prix exorbitants des billets pour les matchs de la Coupe du monde 2026. Entre perte des valeurs du football, mise à l’écart des fans les moins aisés et potentiel boycott, ils se confient sur leur désarroi.
C’est la douche froide pour les fans de foot. Cette semaine, les prix des billets pour les matchs de la Coupe du monde 2026 ont été dévoilés, et l’addition va être salée. Pour le premier match de poule des Bleus (face au Sénégal, le 16 juin) les billets les moins chers sont vendus près de 200 euros. Un prix qui ne cesse d’augmenter au fur et à mesure de la compétition, jusqu’à atteindre la somme astronomique de 3600 euros pour la finale.
Si l’équipe de France allait en finale et que vous vouliez suivre l’intégralité de son épopée américaine, il vous faudrait dépenser au minimum… 6443 euros (et jusqu’à 15.000 euros si vous choisissiez uniquement des places en catégorie 1). A ce prix à peine croyable s’ajoutent les billets d’avions, le logement et les dépenses sur place.
“Ce ne sera pas une Coupe du monde populaire, mais la Coupe du monde des riches”
“En tant que passionné, ça a été un choc”, raconte Mehdi Salem, vice-président des Baroudeurs, une association de supporters qui compte 400 adhérents. “Tout le monde s’est senti un peu trahi. C’est la mort du football. Ces prix, ça élimine plus de la moitié des adhérents juste d’un point de vue financier. On nous confisque ce qui est pour nous la plus noble des compétitions de foot, la Coupe du monde.”
Et si Mehdi Salem parle de trahison, c’est aussi parce que la FIFA avait promis que des places seraient disponibles à partir de 21 dollars. “On a l’impression d’être des vaches à traire”, lâche-t-il, amer.
Pour Anne Costes, vice-présidente de l’association Les Irrésistibles Français qui compte 2.500 adhérents, ce sont les valeurs du football qui sont remises en cause : “On dit toujours que le foot est un sport populaire, mais là, on a du mal à voir où est le populaire dans ces tarifs.” Mehdi Salem confirme : “Ce ne sera pas une Coupe du monde populaire, mais la Coupe du monde des riches et la finale, potentiellement, l’événement le plus cher de l’histoire du sport. Pour moi, mettre 3.600 euros dans un billet de foot, c’est juste impossible. En Russie, la finale était autour de 500 euros, au Qatar, je crois que c’était 600 euros. Et là, on passe à 3.600 euros. C’est lunaire. Beaucoup d’adhérents gagnent le SMIC. Je crois que pour suivre tous les matchs de l’équipe de France, juste en billets, ça revient à 6.000 euros. 6.000 euros. Vous ajoutez à ça le billet d’avion, les hôtels qui ont explosé, le coût de la vie sur place… C’est quoi ? 15.000 uros pour voir une Coupe du monde ?”
‘Un de nos adhérents économise depuis dix ans’, raconte Anne Costes. ‘Tout son argent y passe. Et là, je pense que les tarifs l’ont achevé et qu’il ne va pas y aller. C’est quand même son rêve et il ne va pas pouvoir y aller parce qu’il y a des gens dans un bureau qui ont décidé que c’était 3.600 euros euros la finale !”
Mehdi Salem s’inquiète aussi pour le futur : “Ce qu’on a vécu en 2018, les gens qui pleurent autour de nous, la pluie qui tombe quand on gagne la Coupe du monde, c’est extraordinaire, c’est exceptionnel. C’était mon rêve, je l’ai vécu. Et ça me fait de la peine de voir que dans l’association, des petits jeunes de 19 ans, 20 ans qui n’ont pas vécu de Coupe du monde ne vont pas pouvoir y participer. Et quand on voit la FIFA qui parle de 60 équipes et les prix qui augmentent à chaque Coupe du monde, en fait, on s’inquiète et on se demande si on aura encore des Coupes du monde populaires, qui respectent les supporters.”
Jusqu’au boycott ?
Les associations de supporters ont contacté la Fédération Française de Football pour leur faire part de leur désarroi. Philippe Diallo, le président, dit vouloir agir : “Nous avons l’habitude dans nos stades d’accueillir tous les publics et de faire en sorte que l’argent ne soit pas un facteur discriminant pour l’accès au football. Je relaierai cette préoccupation et cette inquiétude de nos supporters vis-à-vis de la FIFA et des prix qui sont pratiqués lors de cette Coupe du monde.” Les associations de supporters portugaises et hollandaises appellent quant à elles au boycott de la compétition.
Mehdi Salem est plus prudent : “On attend un retour de la Fédération française de football avant de partir sur quelconque action. Parler de boycott maintenant, ce serait un petit peu tôt, mais effectivement, c’est un mot qui est dans la bouche de beaucoup de personnes, on ne va pas se mentir.”



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