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Ce supporter marocain a fait plus de 2.000 kilomètres à vélo pour soutenir les Lions de l’Atlasnomadictrails

Ce supporter marocain a fait plus de 2.000 kilomètres à vélo pour soutenir les Lions de l’Atlasnomadictrails

Grand passionné de football, Ismail Skira s’est lancé le défi fou, avant la Coupe d’Afrique des Nations, de rallier le Maroc à vélo pour soutenir les Lions de l’Atlas. Un périple d’un mois qui a débuté à Asnières-sur-Seine, dans le nord de Paris.

“Cette année, j’ai décidé de venir au Maroc pour supporter l’équipe nationale”, jusqu’ici l’histoire d’Ismail Skira semble être la même que celle de nombreux Marocains expatriés en France, venus faire le déplacement pour pousser derrière les Lions de l’Atlas durant la Coupe d’Afrique des Nations, organisée sur le sol marocain.

Mais ce membre d’un des plus grands groupes de supporters de la sélection s’est lancé un sacré défi. “Je suis venu à vélo!”, s’exclame-t-il au micro de RMC Sport. “Je suis parti le 15 novembre pour arriver le 14 décembre à Agadir…” Parti de sa ville d’Asnières-sur-Seine (92), dans le nord de Paris, l’homme de 59 ans n’a pas menagé ses efforts pour accomplir ce voyage de plus de 2.000 kilomètres.

“J’ai vécu des exploits, mais aussi des mauvaises aventures sur la route. Le climat, la pluie et le vent étaient durs à dompter. Il y a des jours où je faisais 120 kilomètres, d’autres 70, en fonction des conditions”, se rémémore-t-il.

Un grand sportif amoureux du football

Loin d’être un grand cycliste à l’origine, Ismail Skira a découvert le vélo il y a seulement trois ans grâce à son fils, qui pratique la discipline afin de financer la construction des puits en Afrique. “Un jour, il m’a dit: ‘Papa, tu viens avec moi!'”, se souvient-t-il.

Originaire de Fès, ce père de quatre enfants nourissait néanmoins, depuis longtemps, le rêve de réaliser un jour un long voyage sur un deux roues. “Quand j’étais petit, des Européens venaient dans ma ville à vélo et je me demandais comme ils faisaient!”, raconte le Fassi.

“Je ne savais même pas encore où se trouvait la France sur une carte”, sourit-il.

Avant de concrétiser cette belle aventure, des années plus tard, le jeune homme brillait comme gardien de but, évoluant jusqu’en troisième division avant de quitter le Maroc et de choisir l’Hexagone pour “faire des études et fonder sa famille”.

Toujours profondément attaché aux Lions de l’Atlas, il continue de suivre l’équipe nationale dans ses épopées. Il était notamment présent lors de l’exploit historique des hommes Walid Regragui à la Coupe du monde au Qatar, puis lors de l’échec de la dernière CAN. C’est d’ailleurs à ce moment-là que son envie de vélo s’est ravivée. “En Côté d’Ivoire, les supporters chantaient: ‘À ceux qui viennent en avion, à pied et à vélo!’ Ça a été le déclic.”

Une casse à Séville et une rencontre avec Ezzalzoui

Après un an et demi de préparation, il était temps de tenter ce défi un peu fou, au prix de plusieurs semaines loin de sa famille.

“Ma femme a été mon soutien numéro un! Elle m’a encouragé tous les jours”, souligne Ismael Skira. “J’ai voulu arrêter à un moment, mais elle m’a aidé à continuer. Mes enfants, mon groupe de supporters, ma soeur ainée… Il y a beaucoup de monde qui m’ont soutenu.”

Car malgré une organisation minutieuse, le périple n’a pas été simple. Entre les 30 kilos de sacs, le passage montagneux de la frontière franco-espagnole, deux chutes et une moyenne de 100 kilomètres parcourus chaque jour, le quinquagénaire a puisé dans ses ressources.

“Je pédalais, pédalais… quand j’étais fatigué, je cherchais un hotel ou une auberge. Il y a des moments où je rigolais, d’autres je pleurais”, confie-t-il.

À cela s’est ajoutée une casse de son vélo à Séville. Bloqué pendant deux jours, il a profité de sa mésaventure pour aller voir à un entraînement d’Abdessamad Ezzalzouli, joueur du Real Betis. “Au début, il ne croyais pas que je faisais la route à vélo. J’ai dû lui montrer mon compte Instagram (où il a documenté son aventure). Je lui ai dit que tous les Marocains les attendaient et qu’il fallait gagner cette Coupe!”, s’extasie-t-il écharpe autour du cou.

Les galères espagnoles derrière lui, Ismail Skira a pu franchir la frontière marocaine et savourer son arrivée aux de ses amis supporters, sans pour autant complètement lâcher les coups de pédale, puisqu’il a également rallié tous les stades sur sa bicyclette.

Désormais, il espère que son défi inspirera du monde à réaliser leurs rêves. En guise de récompense, il n’attend plus qu’une chose : voir la bande à Achraf Hakimi soulever le trophée. “Ça fait depuis 1976 que j’attend ce titre! Si on gagne la CAN cette année, je pourrais mourir tranquille!” Il ne reste plus que deux matchs aux Lions de l’Atlas pour enfin chavirer tout un peuple de bonheur…

Tao Chardel avec Alexandre Jaquin, à Rabat

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