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Entre Trump et la Russie, Infantino sous pression au moment de rencontrer l’UEFAnomadictrails

Entre Trump et la Russie, Infantino sous pression au moment de rencontrer l’UEFAnomadictrails

Ce jeudi, Gianni Infantino est attendu à Bruxelles lors du 50e congrès de l’UEFA. À l’ordre des prochains jours, une majorité de formalités administratives mais aussi l’habituelle prise de parole du patron de la FIFA qui sera scrutée d’encore plus près.

La grande majorité des 55 associations membres de l’organe suprême de l’UEFA s’attend à passer une matinée calme. Un jeudi dans la capitale belge fait de validation des comptes de l’année précédente et de la désignation d’un représentant issu de Fifpro Europe, pour la première fois.

Mais c’est bien deux discours qui pourraient faire basculer cette journée annoncée comme pluvieuse dans une nouvelle opposition entre l’UEFA et la FIFA. D’abord la prise de parole en introduction du patron de l’instance européenne Aleksander Ceferin. Puis celle en fin de réunion, prévue au Hall 3 du palais des expositions de Bruxelles, de Gianni Infantino solidement installé au siège de “boss” de la FIFA depuis 2016. 

Une potentielle réintégration de la Russie qui divise

Entre les deux puissantes instances du football, les derniers mois n’ont pas été un long fleuve tranquille. “C’est toujours tendu, surtout depuis qu’Infantino est devenu Trump. Ce sont littéralement les mêmes personnes, les mêmes styles, la même arrogance et le même décalage avec le football et les gens ordinaires”, lâche-t-on dans la famille du football européen.

Ces remous prennent leur origine lors du dernier congrès de l’UEFA organisé l’année dernière à Belgrade. Durant son intervention face aux membres délégués, Infantino avait d’abord plaidé avec prudence pour un retour de la Russie à la Coupe du monde. Une idée confirmée lors des dernières interviews de l’homme de 55 ans. Pour résumer, le dirigeant souhaite que l’interdiction des clubs russes soit étudiée à nouveau. Pour amorcer un retour total, il souhaite d’abord que la question des équipes jeunes soit abordée pour une compétition comme la Youth League.

“Pour les compétitions de jeunes, évidemment que la FIFA va essayer aussi avec les compétitions régionales. Le problème c’est que l’UEFA va devoir gérer ce retour alors que vraisemblablement très peu d’adversaires ont envie d’affronter ces équipes russes. Une décision FIFA gérée par l’UEFA, forcément cela va grincer des dents”, commente Jean-Baptiste Guégan, spécialiste de la géopolitique du sport. 

Un vœu pieux qui est loin de faire l’unanimité à l’UEFA. D’ailleurs ce sujet n’a pas été abordé aujourd’hui lors du comité exécutif. Chez les présidents de fédération, les avis sont clairement partagés. Pour certains, la question est plus que légitime et la situation de la Russie ne peut rester autant verrouillée. Mais pour d’autres, il n’y aucune raison de remettre le sujet au cœur des échanges puisque la situation entre l’Ukraine et la Russie ne s’est pas améliorée depuis février 2022.

Problème, le congrès de l’UEFA ne peut en aucun cas maîtriser la décision que pourrait prendre la FIFA, à sa propre initiative lors de son congrès prévu le 30 avril à Vancouver. “C’est la FIFA qui décidera à Vancouver. L’UEFA ne fera certainement rien cette semaine. Il sera intéressant de voir ce que diront Infantino et Ceferin demain, cela nous donnera une idée de leurs intentions respectives” commente une source proche de l’instance européenne. 

“Trumpification de la FIFA”

L’autre sujet au cœur des récents tumultes entre la FIFA et l’UEFA concerne les États-Unis et son président Donald Trump. À quatre mois du début du Mondial sur place, les dirigeants européens attendent davantage de “garanties” sur les bonnes volontés de l’organisation américaine. Avoir une bonne fois pour toutes l’assurance que les USA sont pleinement concentrés sur l’accueil de cette compétition phare. Dans les faits, l’actualité semble s’être “apaisée” notamment concernant le Groenland. Les menaces d’annexion sont moins pressantes depuis une semaine alors que Trump a annoncé avoir verrouillé un accord avec l’Otan. 

Les rumeurs de boycott du Mondial ont par la même occasion diminué. Cette idée de ne pas se rendre sur place est surtout venue d’Allemagne, mais elle a notamment été balayée par la Fédération Française de Football (FFF). “J’ai une position de principe qui est de ne pas mélanger la politique et le sport. Le sport, c’est un lieu de rassemblement de tous les peuples, de toutes les personnes, quelles que soient leurs origines, leurs religions, leurs orientations. Après, bien évidemment, en responsabilité, on doit être attentif à la situation internationale telle qu’elle se développe. Mais aujourd’hui, il n’y a aucune volonté de la part de la Fédération française de football de boycotter la Coupe du monde aux États-Unis”, a indiqué Philippe Diallo, le patron de la FFF, dans un entretien accordé à Ouest France.

Mais dans les couloirs de l’UEFA, la relation entre Infantino et Trump continuent de susciter des interrogations et même de l’agacement. Personne n’a oublié les mises en scène avec le patron de la FIFA à plusieurs reprises dans le bureau ovale à Washington. Mais aussi la remise du premier prix de la paix de l’instance mondiale lors du tirage au sort de la Coupe du monde. Les deux hommes sont toujours proches et cela a du mal à passer.

“Il y a une Trumpification de la FIFA par Infantino. Qui prétend que le sport n’a rien à voir avec la politique, et qui pourtant siège à la Maison Blanche chaque mois pour mettre en œuvre le programme politique de Trump?”, ajoute une source dans l’entourage de l’instance européenne basée en Suisse. “Les relations interpersonnelles d’Infantino et sa volonté de rester au pouvoir, l’amènent à positionner le football en tant que produit dans une logique partisane. La Trumpification de la FIFA se fait parce qu’il aligne les intérêts de l’institution sur ses intérêts propres. Celui qui a le pouvoir et l’argent c’est Trump. Donc il est obligé d’aller dans son sens… Quand on est dans cette logique-là, on ne s’en sort plus. Ce qu’il a fait avec Trump, il le fera aussi avec l’Arabie Saoudite donc aujourd’hui Infantino est devenu une vraie menace”, conclut Jean-Baptiste Guégan. 

Arthur Perrot, à Bruxelles

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