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Parfait pour Luis Enrique mais pas assez “méchant” pour être le meilleur du monde? Le roc Willian Pacho analysé par l’un de ses anciens entraîneursnomadictrails

Parfait pour Luis Enrique mais pas assez “méchant” pour être le meilleur du monde? Le roc Willian Pacho analysé par l’un de ses anciens entraîneursnomadictrails

Le Paris Saint-Germain reçoit le Bayern Munich lors du choc de la quatrième journée de Ligue des champions. Pour tenter de contrer un Harry Kane en grande forme, le club francilien peut compter sur un Willian Pacho inspiré. Solide, le défenseur équatorien va encore devoir hausser son niveau pour bloquer l’un des meilleurs buteurs du monde. Pour RMC Sport, son ancien entraîneur Renato Paiva analyse ce qui lui manque encore pour être le meilleur du monde à son poste.

Un véritable duel au sommet du football européen, un choc de titans. Leader du classement en Ligue des champions, le PSG reçoit ce mardi le Bayern Munich au Parc des Princes (21h). Une affiche continentale de prestige entre les Parisiens de Luis Enrique et leur premier poursuivant. Si le club francilien s’appuie sur un collectif bien huilé pour continuer de mettre à mal ses rivaux malgré les pépins physiques, il aura fort à faire devant son public pour empêcher Harry Kane de marquer.

Brillant depuis le début de saison avec déjà 22 buts en 15 rencontres toutes compétitions confondues, l’Anglais de 32 ans connait l’une des meilleures périodes, sinon LA meilleure, de sa carrière. Pour l’arrêter, Paris pourra compter sur Marquinhos. Revenu de blessure fin octobre, le Brésilien ne pourra pas tout faire seul et ce match entre le PSG et le Bayern constituera aussi une belle opportunité de s’illustrer pour Willian Pacho.

Un an après sa signature dans un relatif anonymat, l’Equatorien figure déjà parmi les tauliers parisiens même si Luis Enrique s’est refusé mi-octobre à le voir comme le meilleur défenseur du monde au motif que “pour analyser, il faut attendre la fin de saison.” Mais le technicien espagnol reconnaissait toutefois, n’avoir “que des choses positives à dire” sur son défenseur.

Pacho, un joueur souvent sous-estimé

Méconnu au moment de son arrivée pendant l’été 2024, Willian Pacho n’a pas mis longtemps avant de justifier les 40 millions d’euros investis sur lui par le PSG pour l’arracher à Francfort. À l’arrivée, le central de 24 ans a signé une première saison pleine sous les couleurs du club francilien avec 57 apparitions dont 17 titularisations (sur 17 possibles) lors de la campagne victorieuse en Ligue des champions. Des performances qui n’ont pourtant pas suffi à lui offrir une place parmi les 30 nommés du dernier Ballon d’or malgré la présence de neuf joueurs parisiens.

Un manque de reconnaissance qui vient un peu rappeler celui de ses débuts en Équateur du côté de l’équipe de l’Independiente del Valle. Lancé chez les pros dès novembre 2019, il lui aura fallu plus d’un an avant d’engranger véritablement des minutes avec son club formateur comme l’a raconté à RMC Sport Renato Paiva, le premier coach à l’avoir véritablement installé comme titulaire.

“Willian Pacho ne jouait pas. Il ne faisait pas partie des joueurs qui jouaient avec Miguel Angel Ramírez, le coach que j’ai remplacé. Au bout de deux semaines environ, j’ai commencé à voir que Willian avait des qualités inhabituelles pour un défenseur central”, a glissé le technicien portugais qui l’a dirigé entre 2021 et 2022 avant son départ pour l’Europe. “En faisant près de 1,90m, il était très vif et très rapide. Dans la gestion du ballon, il était fantastique et il était bon dans la prise de décision. Il correspondait bien à mon style de jeu, où on construit de l’arrière avec le gardien et les défenseurs.”

Et le coach de 55 ans de préciser: “J’ai demandé à mon staff technique s’ils voyaient la même chose que moi. Ce n’était pas la première option mais je ne voyais aucun défenseur central dans l’équipe qui soit meilleur que lui. (…) Assez rapidement à l’entraînement puis durant les matchs, Willian Pacho nous a montré de très bonnes qualités, de très bonnes capacités.”

“Et après deux ou trois mois, j’ai dit à tout le monde que Pacho allait être un défenseur central fantastique.”

“Un garçon très chanceux” d’avoir un entraîneur comme Luis Enrique

Joueur rapide et capable de répéter les efforts, Willian Pacho possède un style parfaitement adapté au football mis en place par Luis Enrique. Doté d’une bonne aisance technique balle au pied, il a déjà réalisé 184 passes en trois matchs de C1 cette saison et contribue pleinement à cette volonté de relancer de l’arrière. Un atout qui pourrait encore faire des merveilles ce mardi lorsque le PSG luttera avec le Bayern pour la possession du ballon. Une facilité avec le ballon et l’impression d’une totale absence de pression qui ont clairement facilité son adaptation et sa montée en puissance au sein de l’effectif francilien. Tout sauf une surprise pour son ancien coach en Equateur.

“Je ne suis pas surpris parce que sa carrière est allée du bas vers le haut, du moins vers le plus. Et ses qualités sont très importantes dans la culture footballistique actuelle: la tactique, le physique”, a poursuivi Renato Paiva au sujet de son ancien protégé. “Et bien sûr, c’est un garçon très chanceux parce qu’il a un coach qui voit le football comme moi je le vois, ou plutôt je vois le football comme son coach Luis Enrique…”

Avant de voir Renato Paiva compléter: “C’est un garçon très chanceux parce qu’il un grand entraîneur qui va développer ses qualités et dont la manière de jouer permet à Pacho de montrer ses qualités.”

Pacho pas encore assez “méchant”

Renato Paiva se dit volontiers “content” de voir son ancien protégé évoluer à un tel niveau avec le PSG. Mais selon lui, certains aspects du jeu de Willian Pacho demandent encore à être améliorés. Peut-être ces défauts qui empêchent encore Luis Enrique de l’ériger au rang de meilleur défenseur du monde contrairement à un Vitinha que le coach espagnol présente volontiers, lui, comme le meilleur milieu du monde.

À en croire Renato Paiva, le central équatorien n’est tout simplement pas assez “méchant” dans sa manière de jouer, il lui manque encore une bonne dose de vice pour totalement dominer ses adversaires. Et ça tombe bien, le face à face avec Harry Kane va contester un test grandeur nature.

“Dans les moments de contacts, dans les duels, il faut être ‘méchant’ en tant que défenseur et il faut être agressif. Et ça c’est complétement l’opposé de ce qu’est Pacho en tant que personne”, s’est encore souvenu l’entraîneur portugais au micro de RMC Sport. “Ce sont les qualités que l’on a tenté d’améliorer… ou plutôt on a cherché à améliorer ses qualités et à corriger ce genre de problèmes.”

Et le Lusitanien de dévoiler le contenu de son échange avec Willian Pacho en marge de la victoire de l’équipe qu’il dirigeait alors, Botafogo, face au PSG (1-0) pendant la Coupe du monde des clubs: “Quand on a parlé après le match, il est venu me donner son maillot et on a parlé un peu. Je lui ai dit qu’il était un tout petit plus ‘méchant’ qu’il ne l’était et que c’était une bonne chose dans le football actuel.”

“Dans cette idée d’être agressif, dans l’idée d’être encore meilleur défensivement, et il le peut parce qu’il est encore jeune, il peut clairement s’améliorer dans ces domaines.”

Pacho, tout sauf l’âme d’un leader

Installé à côté de Marquinhos en Ligue des champions, ou d’Illia Zabarnyi quand le Brésilien manque à l’appel, Willian Pacho parait constituer le complément idéal du capitaine du PSG. Un peu comme à ses débuts à l’Independiente del Valle quand Renato Paiva avait choisi de l’associer à l’expérimenté Richard Schunke. Et pour cause, selon l’entraîneur portugais, le défenseur central est bien meilleur avec un leader à ses côtés. Parfait petit soldat, il a encore du mal à se transformer en général selon l’avis de celui qui a véritablement lancé sa carrière chez les pros en 2021. La faute à une personnalité encore trop effacée.

“C’est un garçon très fermé, il ne parle pas beaucoup. Je lui ai dit parfois: ‘Est-ce que tu peux parler que je puisse entendre ta voix?’ Je lui disais aussi: ‘Parce que dans cette position, tu dois parler. Aujourd’hui tu joues avec un grand joueur à tes côtés mais dans le futur ce sera toi le grand bonhomme avec un garçon à tes côtés.’ Dans sa position il doit parler, il doit diriger la ligne défensive, il doit parler de la défense avec ses milieux”, a aussi détaillé son ancien mentor. “Mais c’est Pacho. Pacho n’est pas comme ça (un joueur très vocal) et sa personnalité, selon moi, influence les aspects négatifs de son jeu.”

Ce mardi face au Bayern Munich de Michael Olise et Harry Kane, la communication entre Willian Pacho et Marquinhos sera l’un des points-clés pour bloquer les attaquants de l’équipe allemande. Et au-delà de cette affiche en Ligue des champions, l’Equatorien sera appelé à devenir l’un des patrons de la défense parisienne dans les prochaines années.

“Il doit corriger les mêmes défauts qu’à l’époque (à l’Independiente del Valle). Il les a déjà améliorés mais ce n’est pas encore suffisant”, a finalement conclu Renato Paiva au sujet de son ancien joueur.

Mais en attendant de devenir ce leader vocal dont le PSG aura besoin pour l’après-Marquinhos et ainsi de franchir un palier pour s’inscrire comme le meilleur défenseur du monde, Willian Pacho devra réussir le test au sommet contre les Bavarois ce mardi en Ligue des champions. Une rencontre où le si souvent sous-estimé pourrait se retrouver au centre de l’attention. Soit dans la lumière en muselant Harry Kane, soit dans l’ombre en cas de duel perdu contre le serial buteur anglais.

Jean-Guy Lebreton Journaliste RMC Sport

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